La déclaration du Porte-parole de la Présidence Ibrahim Kalın

18.02.2020

Le Porte-Parole de la Présidence Ibrahim Kalın a tenu une conférence de presse à la suite de la réunion du cabinet présidentiel.

Monsieur Kalın a fait la déclaration suivante :

« Parmi les sujets traités, il y avait les développements qui se produisent en Syrie et à Idleb. La semaine dernière, nous avions discuté surtout les développements à Idleb avec la délégation russe qui était en Turquie. De même, une délégation turque qui s’était rendue en Russie a effectué aujourd’hui et hier des entretiens là.

Notre priorité à Idleb est le retour immédiat à l’exécution de l’accord de Sotchi, ainsi que la prise des mesures nécessaires pour la protection de nos postes d’observation et des civils en respectant une fois de plus les limites de la zone de désescalade d’Idleb. Nos responsables concernés ont fait des négociations à ce sujet. Ils ont échangé des documents. La décision conclue pour le moment est le maintien de ces négociations.

Nous voyons de temps en temps que certaines déclarations de la partie russe ne reflètent pas les réalités sur le terrain. Nous voyons en particulier certaines remarques, certaines évaluations qui disent qu’il faut redessiner la carte en tenant compte des conditions changeantes. Permettez-moi de clarifier cette question ici.  

Premièrement les conditions dites changeantes ne sont pas les réalités du terrain, ce sont des conditions qui sont imposées. Les frontières de la zone de désescalade d’Idleb sont manifestes. Les frontières sur lesquelles on s’est mis d’accord il y a presque deux ans et les lieux où se trouvent nos postes d’observation militaires sont exposés clairement. Nos douze postes d’observation ont été déployés conformément à cette carte. C’est pourquoi, il n’est pas possible pour nous d’accepter les conditions et les contraintes imposées comme des conditions changeantes sur le terrain. C’est avant tout l’accord de Sotchi, sur lequel nous sommes tous mis d’accord, qui reflète la vérité du terrain. Deuxièmement, c’est nos postes d’observation et leur sécurité. Troisièmement la situation des réfugiés et des civils. Finalement le processus politique qui continue en Syrie, mais qui ne connait aucun progrès en raison des sabotages du régime. 

Il sera plus juste de décrire les réalités du terrain de cette manière. Car, la Turquie ne convoite pas un pouce de terrain de la Syrie ni d’un autre pays. Ce sont les terres de l’Etat, du régime syrien. Mais nous ne pourrions pas accepter quand même un tel argument selon lequel le régime peut entreprendre des opérations comme il veut. Alors que centaines de milliers de personnes sont tuées là, des millions deviennent des réfugiés, c’est inimaginable pour la Turquie et la communauté internationale de rester les bras croisés et ne faire rien. C’est pourquoi nous nous sommes acquittés des responsabilités humanitaires et politiques que nous avions assumées, et nous continueront de le faire. M. le Président a transmis nos messages au régime d’une manière très claire lors de son discours devant le groupe parlementaire la semaine dernière. Il est hors de question de changer les positions de nos postes d’observation. Pour la protection de nos postes d’observation et des civils, nous continuerons de fournir des fortifications et cargaisons militaires dans la région. En cas d’une attaque ou d’un harcèlement contre nos soldats, nous les riposterons de la manière la plus forte comme nous l’avions fait dans les dernières semaines, personne ne doit en douter.

Un autre sujet important sur le plan international est la question libyenne. Nous poursuivons là notre adhérence au processus de Berlin qui continue sous le toit de l’ONU. Dans ce cadre, notre ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, ont tenu une réunion de suivi avec les ministres concernés en marge de la Conférence de Munich. Il a également effectué de nombreux entretiens bilatéraux. Notre position à ce sujet est très nette, nous continuerons d’être aux côtés du peuple libyen dans le cadre du gouvernement d’Union nationale reconnu par la communauté internationale et des Nations Unies.

Je voudrais également noter que nous soutenons complètement les décisions prises dans la conférence de Berlin pour un cessez-le-feu et la réunion des comités politiques et militaires. Mais malheureusement cette feuille de route proposée par les Nations Unies et sur laquelle des pays se sont accordés continue d’être violée et sabotée chaque jour par Haftar. Malgré toutes ces décisions, les aides militaires à Haftar se poursuivent toujours. Sur le terrain, les milices et les mercenaires continuent, sous de différents noms, de saboter le processus de cessez-le-feu. De même, la partie Haftar continue de bloquer des réservoirs de pétrole, un phénomène qui nuit à toute la Libye, au peuple libyen ainsi qu’à l’économie du pays. Le silence de la communauté internationale face à cette attitude brutale, gâtée et de bandit est évidemment une position qui invite à réfléchir.

Entretemps, il circule depuis deux jours quelques nouvelles disant que l’Union européenne entreprendra là une mission pour l’inspection de l’embargo sur les armes. Il faut souligner une chose à cet égard : comme c’est clairement indiqué dans les résolutions des Nations unies, une telle inspection ne doit être faite que sous le toit de l’ONU et qu’en coordination avec le gouvernement d’Union nationale. Cela se trouve parmi les résolutions de l’ONU en tant qu’une règle contraignante.

Quant au deuxième point important, il faut examiner minutieusement d’où ces armes et milices entrent dans le pays. A ce sujet, je voudrais souligner la nécessité de contrôler surtout les zones est et sud. Toute la communauté internationale voit comment l’appui militaire fourni de certains lieux, le soutien d’armes et les mercenaires sabotent le processus politique et militaire en Libye. Donc les Nations Unies, les pays concernés et les pays voisins, comme l’Algérie, la Tunisie etc. doivent prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à ces violations.

Outre cela, le sujet de FETO a été également abordé lors de la réunion. Ce que nous devons faire, en tant que toute la nation, c’est de lutter contre cette organisation terroriste, l’ennemi de tous les citoyens de la République de Turquie, de concert. Nous devons agir tous ensemble en coopération sans faire une telle distinction comme c’est ton camp ou mon camp afin de supprimer toute trace et toute influence de cette organisation terroriste et de prévenir sa réapparition sur ces terres plus jamais. A cette fin, nous poursuivrons avec détermination la lutte à la fois chez nous et à l’étranger dans tous les domaines. Personne ne doit en douter. »